UN ARTISTE AVANT TOUT

Roger Astruc a participé à la renaissance de la peinture des années d’après-guerre même si les circonstances de la vie ont fait qu’il n’a pas eu le loisir de se consacrer pleinement à son art. Dans les années 1930, Roger Astruc s'essaye à différents sujets artistiques. Il commence à peindre des natures mortes, des paysages, des nus sur toile ou sur carton. Il réalise aussi de nombreuses caricatures du monde qui l'entoure, notamment artistes et politiciens. Pour la réalisation de certaines de ses peintures, Roger Astruc s'inspire de l'un de ses domaines de prédilection : l'aviation. Il réalise principalement des peintures à l'huile mais aussi à l'aquarelle. Même s'il maitrise parfaitement la technique de la gouache ou de l'acrylique comme en attestent certaines de ses œuvres.

Il dessine ou peint soit d'après nature, soit à l'aide de photographies. La préparation de ses peintures se base sur un travail préalable d'esquisses au crayon ou au fusain. C'est une étape à laquelle il consacre toujours beaucoup de temps, ses études préparatoires sont souvent très poussées avant la réalisation de l'oeuvre elle-même.

Au début de ses réalisations, Roger Astruc est surtout influencé par l'artiste Jean Souverbie dont il admire le style allégorique.
C'est ensuite dans le travail de Jacques Villon qu'il va s'identifier, conquis par le graphisme et la couleur. Les toiles de Roger Astruc sont avant tout l'expression d'un grand coloriste, attaché à bâtir son sujet dans un style dépouillé après parfois de nombreuses itérations amenant à l'abstraction souhaitée, influencée par l'industrie aéronautique.



Huile sur toile représentant l'Alouette, 1959 - © Musée aeroscopia
Peinture de l'Alouette sur isorel, 1959 - © Musée aeroscopia
Composition pour Aérospatiale, 1975 - © Musée aeroscopia
Huile sur toile représentant un rotor, 1958 - © Musée aeroscopia

LA CATALOGNE DANS SON COEUR

Au lendemain de la guerre il fréquente assidûment plusieurs académies de Paris, ce qui est l'occasion pour lui de perfectionner sa technique en dessin et en peinture. En parallèle, il fait partie de « l'Amicale des Catalans de Paris et d'Île de France ». Dans ce cadre, il participe à la revue Galeria, une revue espagnole littéraire et artistique, créée en 1945 destinée aux Républicains espagnols. C'est surtout au cours des années 1946-1950 que sa production picturale est la plus intense.

En 1946, il prend une année sabbatique pour retourner chez lui, en pays catalan et se consacrer entièrement à la peinture. Il organise le premier salon d'art catalan à Paris avec son ami peintre Roger Montané, qui vient tout juste d'arriver dans la capitale. C'est la galerie Lucien Reyman, située au 64 rue de la Boétie, qui accueille ce salon. Au total, prés de trois-cents œuvres : peintures, aquarelles, dessins, photographies, gravures, sculptures ou encore céramiques, sont présentées au public.

Le souhait de Roger Astruc est d'assurer le rayonnement des peintres catalans au sein de la capitale. Parmi eux, de grands noms de la scène artistique sont au rendez-vous, comme notamment : Picasso, Miro, Mucha, Montané ou encore Maillol, pour n'en citer que quelques-uns. Une rencontre va marquer sa vie : celle de Salvador Dali en août 1957. Roger Astruc est alors honoré d'avoir l'opportunité de réaliser son portrait. Dali lui demandera par la suite de réaliser une étude de spirale logarithmique à destination de l'une de ses toiles.